
LE CERCLE
"Dieu soit loué, même pour un court instant le rock n'est pas devenu qu'un jingle pour livret d'épargne,ni un joujou rutilant entre les mains des baby rockers de la rive gauche. Quelques parrainsveillent au grain et le maltraitent comme il se doit, le rock. Point de gazouillements, point de posturesmais de l'attitude, des feûlements virils. Et du eyeliner, oui, mais indélébile.1998 : les fondements circulaires remontent à cette année-là. Alors qu'ils accompagnent J-L Aubertà Stockholm, pour la première fois l'idée germe : se réunir, former Le Cercle et ne jamais tourneren rond.Richard Kolinka, la fougue rythmique de feu Téléphone à lui seul, se retrouve au centre d'unCercle à la circonférence idéale. Ceux qui l'entourent connaissent les rayons qui irradient et aveuglent.A sa gauche, Daniel Roux, son comparse de toujours avec qui il fonda son premier groupeSémolina, tient la guitare, tisse les choeurs, fissure les voix. A sa droite, Stéphane Venant tenant labasse comme on tient la corde, arcbouté, très serré, repoussant les limites et les extrêmités.Droit devant, dans l'axe, dans la tangente exhubérante, Olivier de la Celle dit "Le Baron", trônantcomme un astre dans la parallaxe. Le rock en chair et en os, le romantisme incarné en un homme,qui déjà magnifiait les chansons de Jad Wio ou de Raphaël.Le périmètre est posé, la géométrie circonscrite. Il ne reste plus qu'à écrire, jouer. Seulement voilà,aussitôt le projet est mis en veilleuse car Le Baron s'exile à Los Angeles quelques années."
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